1.   Quelle est sa situation géographique ?

Géographiquement, le Népal est un petit pays enclavé entre deux géants, la Chine au Nord (Tibet) et l’Inde au Sud, à l’Est et à l’Ouest. Il s’étend sur 147 181 km² et est peuplé de quelques 30 Millions d’habitants. Katmandou en est la capitale religieuse et politique.

On y distingue quatre grandes zones aux caractéristiques nettement différenciées : au Sud, la plaine du Teraï ; en zone médiane, les Moyennes montagnes appelées « collines » par les Népalais ; au Nord, l’Himalaya qui, dans les parties centrale et occidentale du pays, vient s’adosser au Transhimalaya.

De plus, le Népal est situé au cœur d’une zone sensible aux tremblements de terre. Une série de séismes a d’ailleurs frappé le Népal depuis le 25 avril 2015 ; faisant 8000 morts, 14 000 blessés et 8 millions de sinistrés au Népal majoritairement mais aussi en Chine, en Inde et au Bangladesh.

Depuis 1950, la déforestation a pris une ampleur dramatique au Népal. Les pluies de mousson ont un effet de plus en plus dévastateur sur le sol ainsi mis à nu, causant des glissements de terrains.

 

     2.   Quelle est sa situation politique ?

En ce début de XXIe siècle, le Népal est confronté à d’innombrables défis, dont celui d’édifier une véritable république démocratique au sein d’un État fédéral.

Depuis l’instauration d’une monarchie parlementaire multipartite, le pays souffre d’une instabilité politique chronique. En 2002, le roi a suspendu le Parlement, mettant la démocratie en veilleuse. En 2006, un vaste mouvement populaire l’a obligé à rétablir le Parlement

La fin de la guerre civile et l’élection d’une Assemblée constituante n’a pas apporté la stabilité. Les travaux sur le projet constitutionnel reprennent et, le 20 septembre 2015, alors que le pays a surmonté ses divisions pour se relever difficilement du tremblement de terre d’avril-mai, la nouvelle Constitution est enfin promulguée après avoir été adoptée par une majorité des deux tiers des représentants. Le Népal devient ainsi une république fédérale laïque divisée en sept provinces.Censé garantir, dans l’unité de la nation, la diversité religieuse, ethnique, linguistique et culturelle du Népal, protéger les droits des minorités et encourager la représentation des femmes, le texte a cependant provoqué de violentes manifestations ayant fait des dizaines de morts. Il est en effet vivement contesté par une partie de la population, notamment les communautés Tharu et Madhesi qui, considérant qu’elles restent sous-représentées, restent hostiles aux modes de scrutin et au redécoupage territorial/électoral.

 

     3.   Quelle est sa situation géopolitique ?

« Coincé entre l’Inde et la Chine, le Népal est le théâtre d’une âpre lutte d’influences entre les deux géants asiatiques ». L’Inde n’aurait jamais hésité à s’ingérer dans les affaires népalaises afin de protéger ses intérêts stratégiques, y compris à intervenir pour changer un gouvernement trop indocile envers elle. L’Inde et la Chine entretiennent de vieilles rivalités. Malgré la montée en puissance de la Chine, l’Inde entend bien tenir le géant chinois à distance  du Népal.

Ce pays représente un marché de 30 millions d’habitants.  Elle achète déjà à bon marché l’énergie hydro-électrique du pays.  L’économie népalaise dépend pour une large part des importations indiennes.

Le Népal est aussi un enjeu pour la Chine. Voilà une belle occasion pour elle de faire la démonstration du rôle stratégique qu’elle entend jouer dans la région. Depuis longtemps, le Népal sert de pays de transition pour les réfugiés cherchant à fuir le Tibet par les hauts cols himalayens afin de rejoindre Dharamsala en Inde, où vit la majeure partie de la diaspora tibétaine. Il y a plus de 20 000 réfugiés tibétains vivant au Népal. La Chine fait pression sur le Népal pour que cessent les manifestations des activistes pro-tibétains à Katmandou et pour qu’une police népalaise soit déployée pour surveiller les cols himalayens empruntés par les clandestins voulant fuir le Tibet.

Le gouvernement népalais est coincé. D’une part, la communauté internationale ne voit pas d’un bon œil un raidissement de la politique népalaise à l’égard des Tibétains. D’autre part, le Népal ne veut pas indisposer la Chine, dont il entend se servir pour faire contrepoids à l’influence indienne.

     4.  Quelle est sa situation économique ?

Même si au Népal les dieux sont partout, le pays a aussi ses démons : infrastructures déficientes, déforestation, surpopulation, faible alphabétisation, sous-équipement de ses réseaux de santé et d’éducation, dette extérieure considérable, instabilité politique chronique. Malgré les efforts consentis pour moderniser sa fonction publique, favoriser l’essor du tourisme et le développement de quelques industries, le Népal se classe parmi les pays les plus pauvres et les moins développés du monde.

Au cours des dernières décennies, le Népal a encouragé le tourisme de masse en laissant, pour l’essentiel, l’initiative au secteur privé. L’activité touristique a eu certes un impact positif sur l’économie mais en même temps, des effets beaucoup moins favorables sur l’environnement, les populations et leur culture. Des milliers de tonnes de déchets ont été laissés ici et là, faute de moyens appropriés pour en disposer efficacement.

L’économie du Népal est très dépendante de celle de l’Inde, ce qui globalement diminue sa marge de manœuvre déjà étroite. Les infrastructures sanitaires de ses villes sont déficientes. Les réformes économiques mises de l’avant n’ont pas donné les résultats escomptés.